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                de manière aléatoire
  marc-olivier zimmermann

 

 

S'il y a un amour pur et exempt du mélange
de nos autres passions, c'est celui qui est
caché au fond du coeur, et que nous ignorons
nous-mêmes.


 ( maxime 69 in
Réfléxions ou sentences et Maximes morales
"Maximes et Réflexions diverses"
François de La Rouchefoucauld )

 


               soeur iva

                                                                                             


      Les yeux poudrés d'or, elle bénit patiemment les mailles du réel, retourne inlassablement sous son front de labyrinthiques raisonnements, perle ses colliers de croix sur sa gorge avant de sonder en silence la confession des barreaux psychiatriques. Avant de battre le jeu des fileurs de comète pour retourner les cavaliers sous leurs arçons, Soeur Iva resserre à son front noir le voile de sa confrérie abandonnée, se traverse dans le sacré et rejoint chaque jour l'arceau chevauché d'Haïti, comme l'actéon cendreux franchit l'espoir fragile. Elle brode consciencieusement sur le tissu de son accédia les associations réalisées aux revers de l'éclair et du tonnerre, sa langue se glissant alors, comme une couleuvre étourdie, aux commissures d'une compassion cruentée. Soeur Iva, cartomancienne soustraite, caresse les palpitations meurtries d'un Christ incarné sous ses paupières exaltées et déploie la splendide passementerie du hasard. Assise de toute son âme alanguie autour de Port-au-Prince la désintégrée, sur une chaise en paille bancale, égarant la reine de coeur dans le battement du carton sale, l'orpheline aux doigts agiles croisait et décroisait peut-être -  un point à l'envers un point à l'endroit - les fils tendus d'un destin mélangé venu découvrir au dos des cartes d'un tarot de fortune, le cardigan inachevé des anges orpailleurs.

 

 

 


                                 du pont aux chats, je vois
                                            ______   ______                 _                 

le lourd Palais rhénan brise lentement son reflet
sur le fleuve charrié de silences
mes ardeurs de jeunesse
emportées par les courants

 

 

 


                                                                    au clavier lunatique
                                                                                                                                                                                             

      Spires occultes ? respiration des choses ? dans le souffle puissant des Orgues rangés, l'on s'élève, un jour, se croise, parfois au gré des vents contraires et se disperse, enfin, dans un élan dernier de sacres arbitraires.  Pour vous éblouir peut-être, par dessus des cages d'escalier, des amours se réverbèreront aux quatre coins du coffre suspendu. Au terme échu de cette énième traversière, à la hampe du temps, les claviers symétriques joueront pour votre souvenir, déploieront de mille énigmes le sens épars à donner aux signes des nuées, le sens épars à donner au scintillement de vos promesses. Mon tour viendra aussi soudain où, soufflé au coeur par le cornement de l'organiste, mon ombre  s'unira au grand Soir sans fin, étriquée dans ses souvenirs de Byzance, quittant en accords serrés le renflement des boiseries fantasques, méditant à fond de cale de beaux trésors de barbarie.

      Et m'enroulant à la vibration d'un requiem lent, loin du buffet serein, je devrais alors apprendre à me détourner de tout, d'ici bas, m'apaisant d'avoir pu entrevoir avec vous de l'amour terrestre, le pont, la voile et la proue, carénée, d'un consentement céleste.

 

 

 

 

                                                             le dome joyeux
                                                                                                      _                   _______                


                                                                                                       A R.R Rilke

      Au grand Levant safrané, les mains jointes en épi lévité, Il inhale doucement les âmes errantes de ses narines en coupoles. Et l'on doit sûrement se lover dans le creux infini de ses associations mentales, le temps d'un Cycle de douceurs, tandis qu'assis en tailleur, en géant minéralement assagi dans l'évaporation matinale de la vie donnée mystérieusement, inexorablement reprise, il considère l'espoir et la cigale et respire d'un sourire immuable pour nous souffler hors de ses lèvres serrées, vers d'autres réalités, d'autres aérolithes.

 

 

 

 

                                            pandemonium
                                                                                                                


      A l'heure où s'ouvre le marché des dupes, Seigneur, donnez-nous la force, à nous autres irresponsables empoignés par les agissements contraires, de ne pas nous négliger. A nous autres qui sommes agités dans l'air par le pugilat des cyclopes, les pieds dans le vide, comme de vieux mannequins brodés jetés aux mâchoires, donnez nous la force de nous effacer à chaque jour nouveau que font les surprises connexes ameutées à nos collets sales, devant les langues déliées par le transfert télévisuel, technologique; nous inclinant devant la nécessité bavarde de l'opprimé, sans nous décliner, cédant le passage aux réflexes de ces quotidiennes survies mentales extérieures, pour recevoir, dos au mur, et à travers les confessions humaines, les osselets têtus de nos vies intérieures retombées en quinconce. Réinterprétant sans sourciller le caprices des métacarpes sautillantes. Vrais petits drames ossifiés que nous rejouerons encore et encore sur le couvercle des ombres. Eclats de mots blanchis que nous rattraperons silencieusement, avec la gravité sérieuse des enfants sages. Cette rigueur griffonnée patiemment sur nos visages de papier.

 

 

 

 

             

 

Marc-Olivier Zimmermann (1974). Poeta, Mestre em Letras e Artes pela Faculdade de Aix Marseille I, França.

 

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¡  Bukowski e Ungaretti por J. T. Parreira  ¡
¡  Eugène Ionesco por Geraldo Lima  ¡
¡  Guy de Maupassant por Amilcar Bettega  ¡
¡  Jüri Talvet por Daniel Glaydson  ¡
¡  Walt Whitman por Luis Benítez  ¡
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]  Daniel Faria  Ivaldo Ribeiro Filho  ]
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